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Vitamine D : ce que votre médecin ne vous a probablement pas expliqué...

Dernière mise à jour : 22 mars

Soleil et Vitamine D
Soleil et Vitamine D

On vous a dit d'en prendre en hiver. Ou votre pharmacien vous a montré des comprimés avec un soleil dessus. Peut-être que vous en prenez déjà, sans vraiment savoir pourquoi.

Ce que je vais vous dire, c'est ce que j'aurais aimé qu'on m'explique bien plus tôt — avant que je comprenne, dans ma pratique, à quel point cette molécule change vraiment les choses.


1 Belge sur 2 est en insuffisance en vitamine D en hiver. Pas parce qu'il mange mal. Parce qu'on vit en Belgique.

 

1. « Vitamine D » : un nom qui prête à confusion

Commençons par là, parce que c'est la source de beaucoup de malentendus.

Une vitamine, au sens strict, c'est quelque chose que votre corps ne sait pas fabriquer seul. Il faut aller la chercher dans l'assiette — comme la vitamine C, ou le fer. Si vous n'en mangez pas, vous en manquez. C'est simple.

La vitamine D, ce n'est pas ça, ce n'est pas une vitamine...

Votre peau la fabrique elle-même, dès qu'elle reçoit du soleil. Elle passe ensuite par le foie, puis par les reins pour devenir active. Et une fois active, elle circule dans tout le sang et envoie des instructions à presque chaque cellule du corps.

Ce comportement, c'est celui d'une hormone. Pas d'une vitamine. Les scientifiques parlent de pro-hormone — un précurseur que le corps transforme lui-même. Comme le cortisol, comme les œstrogènes.

Le nom « vitamine D » date des années 1920. On l'a gardé par habitude. Mais ce qu'il décrit, c'est en réalité un régulateur hormonal de fond — présent dans presque tous les tissus de l'organisme.

L'alimentation contribue un peu (poissons gras, œufs, champignons), mais jamais suffisamment. Le soleil reste la source principale. Et c'est là que ça se complique, quand on vit sous nos latitudes.

 

2. À quoi sert-elle vraiment ?

Beaucoup plus qu'on ne le croit, et sur des terrains très différents.


Les os — et les muscles

C'est le rôle qu'on lui connaît le mieux. La vitamine D permet l'absorption du calcium dans l'intestin et sa fixation sur les os. Autrement dit : vous pouvez avaler tout le calcium du monde, si vous manquez de vitamine D, il passera à côté. Elle joue aussi un rôle dans la force musculaire — et chez les personnes âgées, sur la prévention des chutes.


L'immunité

Les cellules immunitaires — macrophages, lymphocytes — ont des récepteurs spécifiques à la vitamine D. Elle module la réponse immunitaire dans les deux sens : elle stimule les défenses quand il le faut, et freine l'emballement quand c'est nécessaire. Un déficit est associé à plus d'infections respiratoires, mais aussi à un risque accru de maladies auto-immunes — Hashimoto, sclérose en plaques, maladies inflammatoires de l'intestin.


Le sommeil

Celui-là, on l'oublie souvent en consultation. La vitamine D régule la conversion de la sérotonine en mélatonine (l'hormone du sommeil). Un déficit se traduit fréquemment par des nuits trop courtes, des réveils nocturnes, une fatigue qui traîne. Avant de prescrire de la mélatonine, je dose toujours la vitamine D.


Le poids et le métabolisme

Il y a un cercle vicieux que je vois souvent : le tissu adipeux capte la vitamine D et la séquestre — les personnes en surpoids ont donc souvent des taux bas. Ce déficit favorise à son tour la résistance à l'insuline et entretient l'inflammation. Bref, perdre du poids devient plus difficile. La vitamine D améliore la sensibilité à l'insuline et réduit certains marqueurs inflammatoires. Ce n'est pas une solution miracle, mais c'est un levier qu'on aurait tort d'ignorer.


L'humeur

Des récepteurs à la vitamine D sont présents dans les zones cérébrales liées à l'humeur et à la motivation. Les dépressions saisonnières hivernales ? Elles ne s'expliquent pas uniquement par le manque de lumière — le manque de vitamine D joue aussi son rôle.

 

3. Pourquoi en manque-t-on autant en Belgique ?

Plusieurs raisons s'accumulent, et honnêtement, elles s'additionnent vite.

La Belgique est à 50° de latitude nord. Les rayons UVB — ceux qui déclenchent la synthèse cutanée — ne sont présents en quantité suffisante qu'entre mai et septembre, et encore, uniquement entre 11h et 15h. En dehors de cette fenêtre, votre peau peut s'exposer autant qu'elle veut : elle ne produira rien.

Ajoutez à ça la crème solaire (SPF 30 bloque jusqu'à 95 % de la synthèse), les bureaux, les voitures, les vitres qui filtrent les UVB. Ajoutez le vieillissement, qui diminue la capacité de synthèse. Les peaux foncées, qui ont besoin de beaucoup plus d'exposition pour produire la même quantité. Le surpoids, qui séquestre la vitamine D dans le tissu adipeux. Certains problèmes digestifs, qui freinent son absorption.

Le résultat, c'est qu'en octobre, une très grande partie de la population belge est déjà en déficit — sans le savoir, sans symptôme évident.

 

4. Faut-il arrêter en été ?

C'est la question qu'on me pose le plus souvent. Et ma réponse courte : pas forcément.

En théorie, 15 à 30 minutes de soleil par jour sur les bras et les jambes, sans crème, entre mai et septembre — ça suffirait. En pratique, très peu de gens le font vraiment. Et même ceux qui profitent bien de l'été ne stockent pas toujours assez pour tenir tout l'hiver.


Ce que je conseille : faites doser votre taux en fin d'été — septembre ou octobre, avant que les stocks ne commencent à baisser. C'est une simple prise de sang. Si votre taux est en dessous de 50 nmol/L, continuez la supplémentation toute l'année. Entre 50 et 80, vous pouvez marquer une pause estivale — à condition de vous exposer vraiment.

 

5. Comment savoir si vous en manquez ?

Un seul moyen fiable : le dosage sanguin par votre médecin. On mesure le 25-OH-D (calcidiol), qui est la forme de stockage dans l'organisme. Voici ce que les chiffres veulent dire :

Taux (nmol/L)

Statut

Concrètement

< 20

Carence sévère

Urgence thérapeutique

<30

Insuffisance

Très fréquent en Belgique

30-50

Zone fonctionnelle

Acceptable, mais visez mieux

50-80

Zone optimale ★

C'est là qu'on vise

> 100

Excès potentiel

À surveiller

 

6. Quelle supplémentation ?

Deux formes existent : la D2 (ergocalciférol, d'origine végétale) et la D3 (cholécalciférol). La D3, sans hésitation — mieux absorbée, plus efficace, demi-vie plus longue.

Mais ce que beaucoup ne savent pas : la D3 seule ne suffit pas vraiment. Elle fonctionne mieux — et de façon plus sûre — avec deux co-facteurs:

  • La K2 oriente le calcium vers les os et l'empêche de se déposer dans les artères. C'est le garde-fou.

  • Le magnésium, lui, est nécessaire à l'activation de la vitamine D dans le corps — et la plupart d'entre nous en manquent aussi.

Pour connaître vos besoins personnels, un bilan sanguin chez votre médecin et un suivi personnalisé restent la meilleure façon de procéder.

Attention : Prenez votre vitamine D avec un repas contenant des lipides — la D3 est liposoluble, elle s'absorbe avec les graisses.

 

Ce qu'il faut retenir

La vitamine D n'est pas un complément parmi d'autres. C'est un régulateur hormonal de fond, qui agit sur vos os, votre immunité, votre sommeil, votre poids, votre humeur.

En Belgique, en manquer n'est pas une exception — c'est la norme.

Un simple dosage sanguin suffit pour savoir où vous en êtes et agir sans excès.

Et une supplémentation bien choisie (D3 + K2 + magnésium) peut changer beaucoup de choses, souvent bien plus vite qu'on ne le croit.

Si vous voulez aller plus loin, ou comprendre ce qui se passe spécifiquement pour vous — c'est exactement ce qu'on fait en consultation.

 

🌿  Vous voulez faire le point ?

Consultations en cabinet à Overijse ou en ligne — je prends le temps de comprendre votre situation avant de proposer quoi que ce soit.

@colienne_moonnutri

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